La santé mentale au travail n’est plus un sujet marginal ni un simple enjeu de qualité de vie. Ces dernières années, elle s’est imposée comme une question de fonctionnement durable des organisations : absentéisme, désengagement, turnover, tensions managériales… les signaux sont là.
C’est dans ce contexte qu’a été lancée la Charte nationale pour la santé mentale, portée par les pouvoirs publics, avec 4 engagements principaux et un objectif clair : encourager les entreprises à s’engager concrètement en faveur de la prévention et du mieux-être psychologique au travail.
Mais une charte reste un cadre. La vraie question, pour les RH et les directions, est souvent la suivante : Que peut-on réellement mettre en place, avec nos contraintes, notre organisation et parfois peu de budget ?
1er engagement : Sensibiliser pour démystifier le sujet de la santé mentale
Ce que dit la charte
La charte encourage les entreprises à promouvoir une approche globale de la santé mentale, enjeu individuel et collectif, et à parler librement de santé mentale au travail afin de construire une culture commune.
La réalité terrain
Dans les entreprises, la santé mentale reste souvent :
- un sujet sensible,
- difficile à nommer,
- perçu comme risqué à aborder.
Les RH et managers craignent parfois de mal faire, de ne pas savoir gérer ce qui pourrait émerger, ou d’ouvrir des situations complexes sans cadre clair.
Ce qui peut être mis en place concrètement
Sans entrer dans le registre thérapeutique :
- Des actions de sensibilisation pour poser des repères communs.
- Des interventions externes (conférences, ateliers) pour introduire le sujet de manière neutre.
- Une clarification du périmètre professionnel : parler du lien entre travail, organisation et santé mentale.
- Du coaching collectif ou managérial pour travailler sur la pression, les attentes et la charge mentale, sans exposition individuelle.
Démystifier, c’est d’abord autoriser le sujet dans un cadre sécurisé.
2ème engagement : Mettre en place un cadre favorable au développement du dialogue sur la prévention, la qualité de vie, l’organisation et les conditions de travail
Ce que dit la charte
Le dialogue social et professionnel est identifié comme un levier central de prévention, impliquant l’ensemble des acteurs : direction, RH, managers et travailleurs.
La réalité du terrain
Le dialogue existe, mais il est souvent :
- contraint par le temps,
- centré sur l’opérationnel,
- peu orienté sur le travail réel et ses impacts.
Certaines tensions organisationnelles restent alors peu exprimées… jusqu’au point de rupture.
Ce qui peut être mis en place concrètement
- Structurer des espaces de dialogue dédiés au travail réel (charge, priorités, contraintes).
- Clarifier les rôles de chacun dans la prévention.
- Appuyer ces échanges via des démarches QVCT.
- Faire appel à des accompagnements externes (facilitation, coaching d’équipe) pour sécuriser la parole et objectiver les situations.
Le cadre protège à la fois les collaborateurs et l’entreprise.
3ème engagement : favoriser l’amélioration continue des conditions de travail
Ce que dit la charte
La direction et les managers sont invités à exercer une vigilance constante sur les conditions de travail, dans une logique d’amélioration continue, avec une attention particulière portée aux publics spécifiques.
La réalité du terrain
Les entreprises fonctionnent souvent sous tension :
- priorités mouvantes,
- charges élevées,
- injonctions parfois contradictoires.
L’amélioration continue est souhaitée, mais difficile à prioriser dans un contexte de pression économique.
Ce qui peut être mis en place concrètement
- Revoir régulièrement les priorités et modes de fonctionnement.
- Identifier les facteurs de tension récurrents.
- Soutenir les managers dans leur rôle de régulation.
- Proposer du coaching managérial pour travailler la posture, les arbitrages et la prise de recul.
- Avancer par ajustements progressifs, plutôt que par grands chantiers.
L’amélioration continue repose souvent sur des petits pas cohérents.
4ème engagement : Accompagner les situations individuelles
Ce que dit la charte
La charte prévoit un accompagnement spécifique lorsque certaines situations le nécessitent, afin de prévenir la désinsertion professionnelle et favoriser le maintien en emploi.
La réalité du terrain
Les signaux sont parfois visibles, mais :
- repérés tardivement,
- mal orientés,
- ou traités uniquement dans l’urgence.
Les RH et managers manquent parfois de relais clairs.
Ce qui peut être mis en place concrètement
- Clarifier les ressources internes et externes existantes.
- Mettre en place des parcours d’accompagnement accessibles en amont.
- Proposer du coaching individuel, avant le point de rupture, pour travailler clarté, charge mentale et marges de manœuvre.
- Adapter ponctuellement l’organisation lorsque nécessaire.
Accompagner plus tôt, c’est souvent prévenir des situations plus coûteuses ensuite.
En résumé
La Charte santé mentale au travail ne propose pas de solution unique. Elle invite les entreprises à avancer de manière progressive, en tenant compte de leurs contraintes réelles.
Ce sont souvent la cohérence des actions, le dialogue et l’ajustement continu qui font la différence bien plus que l’ampleur des dispositifs.
La santé mentale au travail n’est pas un idéal à atteindre. C’est un équilibre à construire dans la durée.
Chez KeysUp Coaching, nous accompagnons les entreprises qui souhaitent agir en amont sur les enjeux de santé mentale au travail, en intervenant sur les pratiques managériales, le fonctionnement des équipes et les situations individuelles.
Notre approche, préventive et sur-mesure, vise à soutenir l’engagement, la qualité du travail et la capacité d’action collective, sans alourdir les dispositifs existants.

Cindy Roublicq, Coach professionnelle certifiée, bilingue Anglais
Après 8 années en tant que cadre dans le marketing et le management, j’ai choisi de mettre mon énergie au service de l’humain en me formant au métier de coach professionnel, et en fondant KeysUp Coaching. Mon objectif : aider les professionnels à retrouver de la clarté, du souffle et de l’impact dans leur vie professionnelle.
Avec une posture à la fois bienveillante, structurée et 100 % personnalisée, j’interviens auprès des entreprises et des particuliers pour créer un espace de réflexion qui favorise la prise de recul, la prise de conscience et l’alignement – individuel et collectif.
J’accompagne en Français et en Anglais